Définition
Le bénéfice est le résultat positif d'un exercice comptable. Il se produit lorsque le total des produits est supérieur au total des charges sur la période. Son opposé est la perte (résultat négatif). Le bénéfice figure au passif du bilan, dans les capitaux propres, jusqu'à son affectation décidée en assemblée générale.
Formule : Bénéfice net = Total produits - Total charges
Bénéfice comptable vs bénéfice fiscal
Le bénéfice comptable (calculé selon les règles du PCG) diffère souvent du bénéfice fiscal (base de l'impôt sur les sociétés). Le passage de l'un à l'autre se fait via une liasse fiscale (tableau 2058-A pour les sociétés à l'IS) :
- Réintégrations : charges comptabilisées mais non déductibles fiscalement (amendes, quote-part véhicule de tourisme…). Elles augmentent le résultat fiscal.
- Déductions : produits comptabilisés mais non imposables (dividendes en régime mère-fille, plus-values à taux réduit…). Elles réduisent le résultat fiscal.
Bénéfice net vs bénéfice brut
La distinction entre bénéfice brut et bénéfice net dépend du contexte :
| Notion | Définition |
|---|---|
| Bénéfice brut (ou marge brute) | Chiffre d'affaires - coût d'achat des marchandises vendues. Ne tient pas compte des frais généraux. |
| Bénéfice d'exploitation | Résultat après déduction de toutes les charges d'exploitation, avant charges financières et exceptionnelles. |
| Bénéfice net | Résultat final après impôt sur les sociétés (ou impôt sur le revenu pour les entreprises individuelles). |
Affectation du bénéfice
Après approbation des comptes en assemblée générale, le bénéfice net peut être affecté de plusieurs façons :
- Réserve légale : dotation obligatoire de 5 % du bénéfice jusqu'à atteindre 10 % du capital social (SA, SARL).
- Autres réserves : réserve statutaire, réserves facultatives, selon les statuts et la décision de l'AG.
- Dividendes : distribution aux associés ou actionnaires, soumise à la flat tax (30 %) ou au barème progressif sur option.
- Report à nouveau : solde non affecté, reporté à l'exercice suivant.
Bénéfice et trésorerie : l'erreur classique
Un bénéfice ne signifie pas qu'on a du cash. L'écart entre les deux est très fréquent et souvent mal compris :
| Situation | Explication |
|---|---|
| Bénéfice mais trésorerie négative | L'entreprise a comptabilisé des ventes non encore encaissées (créances clients élevées), des stocks importants à financer, ou des investissements récents non amortis |
| Pas de bénéfice mais trésorerie positive | Forte dotation aux amortissements (charges non décaissées), encaissements d'avances clients, délai de paiement fournisseurs long |
| Bénéfice en forte croissance mais trésorerie en baisse | La croissance du CA entraîne une hausse du BFR : plus de clients à financer, plus de stocks. Le bénéfice augmente mais le cash reste dans les créances. |
Exemple concret : une entreprise réalise 200 000 € de bénéfice avec 150 000 € d'amortissements (non décaissés) mais ses créances clients ont augmenté de 180 000 €. Sa CAF est de 350 000 € mais sa trésorerie n'a progressé que de 170 000 € (350 000 - 180 000 de BFR supplémentaire).
Chronologie de l'affectation du bénéfice
L'affectation du bénéfice ne se décide pas automatiquement : elle suit un calendrier précis :
- Clôture de l'exercice : le bénéfice est constaté et reste dans le compte "Résultat de l'exercice" (compte 120) au passif du bilan
- Dans les 6 mois suivant la clôture : l'assemblée générale ordinaire approuve les comptes et décide de l'affectation (obligation légale)
- Mise en réserves : 5 % obligatoirement en réserve légale jusqu'à 10 % du capital (SA, SARL). Après, les réserves sont facultatives
- Distribution des dividendes : décidée en AG, payable dans les 9 mois suivant la clôture. Soumis à la flat tax (30 %) ou barème IR sur option
- Report à nouveau : le solde non affecté est mis en attente, reporté sur l'exercice suivant
Bénéfice et valorisation d'entreprise
Le bénéfice intervient dans plusieurs méthodes de valorisation d'entreprise, généralement par application d'un multiple :
| Multiple | Calcul | Usage typique |
|---|---|---|
| PER (Price Earnings Ratio) | Valeur d'entreprise / Bénéfice net | Sociétés cotées, comparaison sectorielle |
| Multiple de résultat net | Bénéfice net × coefficient sectoriel (4 à 10×) | PME non cotées, cessions de fonds de commerce |
| Multiple d'EBITDA | EBITDA × coefficient (4 à 12×) | Opérations de M&A, LBO, levées de fonds |
Pour une PME non cotée avec un bénéfice net récurrent de 80 000 €, la valeur indicative selon la méthode des multiples se situe entre 320 000 € (×4) et 640 000 € (×8), selon le secteur, la croissance et la dépendance au dirigeant. Les multiples sont plus élevés dans les activités récurrentes (abonnements, franchise) que dans les activités cycliques.
Bénéfice et trésorerie
Une entreprise bénéficiaire peut manquer de trésorerie, et une entreprise déficitaire peut avoir des liquidités. Le bénéfice comptable inclut des produits non encaissés (créances) et des charges non décaissées (amortissements). La capacité d'autofinancement est un indicateur plus proche de la réalité trésorerie.