Le bilan comptable est etabli une fois par an, à la date de clôture de l'exercice. C'est une photographie du patrimoine de l'entreprise : d'un côté, ce qu'elle possede (l'actif), de l'autre, comment elle finance ce qu'elle possede (le passif). Les deux colonnes sont toujours egales, c'est la regle fondamentale de la comptabilité en partie double.
Étape 1 : comprendre la structure
Le bilan se lit de haut en bas, du plus permanent au plus court terme, des deux côtés.
| ACTIF (ce que l'entreprise possede) | PASSIF (comment c'est finance) |
|---|---|
| Immobilisations incorporelles (brevets, fonds) | Capital social |
| Immobilisations corporelles (machines, vehicules) | Reserves (bénéfices accumules) |
| Immobilisations financières (participations) | Résultat de l'exercice |
| Stocks | Emprunts a long terme |
| Créances clients | Dettes fournisseurs |
| Trésorerie (banque, caisse) | Dettes fiscales et sociales |
Étape 2 : un exemple concret
Voici le bilan simplifié d'une PME de negoce au 31/12/N :
| Actif | Montant | Passif | Montant |
|---|---|---|---|
| Immobilisations (vehicules, materiel) | 120 000 | Capital social | 50 000 |
| Stocks de marchandises | 45 000 | Reserves | 80 000 |
| Créances clients | 62 000 | Résultat net | 22 000 |
| Autres créances (TVA...) | 8 000 | Emprunts bancaires LT | 55 000 |
| Banque et caisse | 15 000 | Dettes fournisseurs | 38 000 |
| Dettes fiscales/sociales | 5 000 | ||
| Total actif | 250 000 | Total passif | 250 000 |
Étape 3 : les capitaux propres, indicateur de solidite
Les capitaux propres (capital + reserves + résultat) representent la valeur nette de l'entreprise après toutes ses dettes. Dans notre exemple : 50 000 + 80 000 + 22 000 = 152 000 EUR.
Un ratio capitaux propres / total passif supérieur a 30-40% est generalement signe de robustesse. Un bilan avec des capitaux propres negatifs (situation nette negative) signifie que l'entreprise est techniquement insolvable.
Quand les capitaux propres descendent sous la moitie du capital
Si les pertes accumulees ramenent les capitaux propres en dessous de la moitie du capital social, les dirigeants sont obliges de convoquer une assemblee extraordinaire dans les 4 mois suivant la clôture pour decider de la dissolution ou de la reconstitution des fonds propres. C'est la procédure d'alerte prévue par l'article L.223-42 du Code de commerce.
Étape 4 : le BFR, le nerf de la guerre
Le Besoin en Fonds de Roulement (BFR) mesure le décalage entre les encaissements et les décaissements dans le cycle d'exploitation :
BFR = Stocks + Créances clients - Dettes fournisseurs - Dettes fiscales/sociales
Dans notre exemple : 45 000 + 62 000 - 38 000 - 5 000 = 64 000 EUR
Un BFR positif signifie que l'entreprise doit financer un décalage : elle paye ses fournisseurs avant d'encaisser ses clients. Un BFR negatif (cas de la grande distribution) est une chance : les clients payent comptant, les fournisseurs a 60 jours.
Étape 5 : fonds de roulement et trésorerie
FR = Capitaux permanents - Actif immobilise
Capitaux permanents = capitaux propres + emprunts LT = 152 000 + 55 000 = 207 000
FR = 207 000 - 120 000 = 87 000 EUR
Trésorerie nette = FR - BFR = 87 000 - 64 000 = 23 000 EUR
Ce 23 000 EUR correspond bien à la trésorerie figurant à l'actif (15 000 banque + 8 000 autres créances court terme). La trésorerie est positive : l'entreprise ne depend pas du decouvert.
Ce que les banquiers regardent en premier
Lorsqu'une entreprise demande un crédit, l'analyste bancaire examine : (1) la solidite des capitaux propres, (2) l'endettement net par rapport à l'EBE (ratio dette/EBE inférieur a 3-4 fois est rassuring), (3) l'evolution du BFR sur plusieurs exercices, (4) la coherence entre trésorerie nette et résultat net. Un bénéfice avec une trésorerie qui se degrade chaque année est un signal d'alerte.